PREAMBULE
Nous sommes locataire d'une maison unifamiliale dans une petite localité de l'Ardenne belge, près de Bastogne. En décembre 2004, nous apprenons que l'Administration Communale met en vente des terrains à bâtir dans un lotissement. Nous décidons d'acquérir un de ces lots et nous entamons alors la démarche qui je pense est commune à tous les candidats propriétaires, à savoir : déterminer un budget et poser le choix du type d’habitation que nous souhaitons (clef sur porte, entrepreneur général, auto-construction, …).
Un point particulier nous interpelle de plus en plus dans notre étude : la montée croissante du prix de l’énergie et les perspectives angoissantes liées à l’avenir des énergies fossiles... Je commence alors une étude approfondie de toute la problématique sur l’Internet.
Une certitude se dégage : les maisons "clef sur porte" sont plus que minimalistes d’un point de vue isolation thermique globale, et les constructeurs se contentent – pour des raisons économiques – de s’en tenir au minimum légal.
Or, une habitation est conçue pour durer plusieurs décennies. Le candidat bâtisseur doit donc aussi réfléchir aux conséquences à long terme induites par le mode de chauffage qu’il va mettre en place, et à son coût d’exploitation.
Si hier, brûler annuellement 3.000 litres de mazout à 0,30€ était monnaie courante, qu’en sera-t-il le jour où le litre de mazout vaudra 1,00€ (et certainement beaucoup plus dans 20 ans) ? Voyez la panique de cette fin d’été 2005 où le baril de pétrole a atteint plus de 70,00$ !
Certains spécialistes entrevoient des prix de plus de 100,00$ d’ici 18 à 24 mois : c’est demain…
C'est pourquoi nous avons décidé que notre maison devra être extrêmement économe d’un point de vue énergétique.
Je me lance alors dans l’étude de tous les types d’isolant sur le marché, ainsi que sur leurs mises en œuvre, et de tous les systèmes de chauffage. Je découvre ainsi le site « Energie » de la Région Wallonne, le site de l’ADEME française, des sites suisses (maisons Minergie), canadiens, et j’en passe… Le discours est le même partout : il faut isoler ! Chaque centimètre d’isolant ajouté, c’est autant de consommation énergétique en moins. Et le coût de ces centimètres ajoutés est minime sur le prix global d’un bâtiment (quelques %). C’est l’investissement qui présente le plus fort R.O.I dans tous les moyens que l’on peut mettre en place pour améliorer l’efficacité énergétique globale d'un bâtiment.
Je découvre également le programme « Construire avec l’Energie » mis en place par la R.W., qui incite le candidat bâtisseur à faire mieux, beaucoup mieux, que la réglementation en matière d’isolation globale des constructions. 150 bâtiments seront retenus dans le cadre de cette action, et comme j’aime à relever les défis « intelligents », tous mes choix seront dorénavant inspirés par leurs recommandations.
Mais ajouter des centimètres d’isolant présente une limite au-delà de laquelle ce n’est plus rentable économiquement. De surcroit, la mise en œuvre de techniques différentes n’est pas l’apanage des entrepreneurs généraux. En dehors de leurs habitudes, les prix explosent à des niveaux incompatibles avec notre budget. Que faire alors ? Etant bon bricoleur, nous prenons la décision de nous tourner vers l’auto-construction.
En juillet 2005, nous introduisons une demande de permis d’urbanisme pour une maison unifamiliale dont le coefficient global d’isolation K est de 22. Hélas, une erreur d’interprétation des règles urbanistiques du lotissement, entre notre architecte et l’Administration de l’Urbanisme, oblige le Fonctionnaire délégué à nous demander de revoir notre copie et à recommencer la procédure.
Pendant les 3 mois de retard engendré par ce souci administratif, j’en profite pour étudier les déperditions thermiques du bâtiment et je constate que la majeure partie se situe au niveau des fenêtres. Une question me taraude : quelle serait l’influence de la mise en place de triple-vitrage haute performance, dont le coût est maintenant bien plus abordable ? Les calculs montrent que le coefficient K tomberait alors à 18. Or, me dit un installateur en chauffage, à K 18, on est pratiquement au niveau d’une maison passive.
Maison passive ? Le terme est lâché : qu’est-ce qu’une maison passive ? Google surchauffe et de fil en aiguille, ou plutôt de liens en liens, je commence à réunir une bonne documentation sur le sujet.
Ce qui me chagrine, c’est que la majorité des réalisations montrées, sont des maisons à ossature bois, extrêmement bien isolées. Or le bois n’est pas autorisé dans les presciptions urbanistiques du lotissement. Et pour moi le bois n'est pas le meilleur choix : il a une très faible inertie thermique (capacité d’absorber la chaleur et de la restituer après un certain temps appelé déphasage). De tels bâtiments sont facilement sujets aux surchauffes en été et nécessitent la mise en place de protections solaires efficaces. En plus, en bon "ardennais", nous sommes habitués aux veilles maisons en pierre, avec des murs très épais, bâties pour durer.
Au départ, notre choix technique était l’utilisation de murs thermos, à savoir : briques de parement, isolant, et blocs de béton. Comment concilier cette technique de construction, avec le concept de maison passive ? C’est là que réside tout le challenge que nous allons essayer de relever, au travers de notre future habitation.
Quels sont les critères principaux du concept des maisons passives ?
- Le premier critère qu'il faut prendre en compte, c'est que toute parois doit présenter une valeur U inférieure à 0,15 W/(m²K) (watt par mètre carré et par degré kelvin). En me plongeant dans le document de calcul de l’isolation globale K du bâtiment, je constate que je suis très proche de cette valeur et qu’en augmentant de quelques centimètres l’épaisseur des isolants, je serai dans la norme requise.
- Le second critère, c'est que les parois vitrées doivent avoir une valeur U inférieure à 0,80 W/(m²K) Malheureusement, les châssis que nous avions présélectionnés ne remplissent pas ces conditions. C'est après de nombreuses recherche dans des catalogues allemands, suisses ou autrichiens que nous avons pu identifier quelques trop rares distributeurs en Belgique.
- Le troisième critère vise l'étanchéité à l'air du bâtiment qui doit être inférieure à 0,60 h-1, ce qui signifie que les fuites d'air ne peuvent pas représenter plus de 60 % du volume du batîment par heure. Une bonne mise en oeuvre des matériaux, en veillant à colmater tout ce qui peut fuir, le choix de châssis de fenêtre à 3 joints, la mise en place impeccable du pare-vapeur en sous-toit,... sont les points à surveiller.
- Le dernier critère est très important : étant donné la forte isolation du bâtiment, les ponts thermiques doivent être traqués et supprimés. Quand cela s'avère impossible, il faut alors ralentir le transfert thermique au maximum. Nous avons du faire preuve de beaucoup d'imagination et le PERINSUL - bloc isolant en verre cellulaire et à forte résistance à l'écrasement - nous a été d'un grand secours.
Tous ces critères ne nous paraîssant pas insurmontable, nous avons alors décidé de relever ce défit, en restant dans le même cadre budgétaire que celui défini initialement.
Nous vous invitons maintenant à parcourir les différents niveaux de notre future habitation pour découvrir comment nous avons mis en oeuvre les critères des maisons passives et les différents matériaux que nous avons sélectionnés.
Les textes sont classés en ordre chronologique décroissant. Commençons par les FONDATIONS...
De plus...
Retrouvez les coordonnées de nos intervenants et les nôtres dans la page CONTACTS...