Notre Maison Passive en Béton : de l'idée à la réalisation.

Données de Consommations de l'Année 2008.

Voici nos données de consommation et nos commentaires, concernant :

- la consommation de pellets pour les appoints de chauffage et la production d'eau chaude sanitaire (ECS) ;

- la consommation électrique de notre habitation ;

- la consommation d'eau de distribution et d'eau de pluie.

De la Consommation de Pellets pour les Appoints de Chauffage et l’ECS...

Préambule. (Mis à jour le 4 mars 2009)

Depuis notre entrée dans notre nouvelle maison, fin octobre 2007, nous avons bien évidemment comptabilisé notre consommation de pellets.

Encore faut-il pouvoir tirer des informations pertinentes de ces données, car cette comptabilisation ne montre uniquement qu’un certain poids
de pellets brûlé sur une certaine période, sans autre précision de qui à consommé quoi.

Déterminer les appoints nets en chauffage de notre maison passive se révèle bien plus complexe que de relever les chiffres du Wattmètre électrique branché, par exemple, sur la chaudière.

La problématique.

La situation est la suivante : la fourniture de chaleur, que ce soit pour l’appoint à l’air frais entrant de la ventilation mécanique contrôlée (VMC)
via le registre hydraulique (un petit aérotherme) ou pour la production instantanée d’eau chaude sanitaire (ECS) est issue du ballon d’hydro accumulation qui lui-même, est alimenté en chaleur tant par la chaudière à pellets que par les panneaux solaires.
Depuis début décembre 2008, le poêle à pellets apporte également sa contribution aux appoints de chauffage ainsi qu’un radiateur électrique soufflant dans la salle-de-bain, mais très peu usité.

Pour pouvoir calculer l’appoint net en chauffage en 2008, il faut donc pouvoir déterminer :
- combien de kWh ont été fournis à la VMC, et combien de kWh ont été tirés du ballon pour produire de l’ECS, en tenant compte du fait qu’à 20°C
  ambiants, le ballon perd normalement par son isolation 4°C par jour ;
- combien de kWh ont été emmagasinés dans le ballon d’hydro accumulation par la chaudière à pellets et combien par les panneaux solaires ;
- enfin, il faut ajouter aux kWh fournis à la VMC, ceux produits par le poêle à pellets et le radiateur de la salle-de-bain.

Pour la chaudière à pellets, je pourrais naïvement multiplier les kilos de pellets brûlés par leur pouvoir calorifique pour connaître la quantité
de chaleur amenée dans le ballon.

Pas si simple : il y a tout d’abord le rendement de la chaudière en production qui diminue la quantité de chaleur utile pour le ballon.
Puis il y a les pertes thermiques du circuit qui va de la chaudière au ballon, aller et retour, bien qu’il soit isolé.
Il y a aussi les pellets brûlés à chaque allumage de la chaudière et qui ne servent qu’à amener celle-ci à température de production.

Il y a aussi les pellets eux-mêmes.

Au départ, par ignorance, nous avons fait le choix de « mauvais » pellets. Ceux-ci étaient issus de feuillus et n’étaient pas normalisés DIN+.
Ils avaient un pouvoir calorifique plus faible (4,7 kWh/kg), une production importante de cendres, avec pour conséquence, de nombreux ratés
à l’allumage et une quantité non négligeable de pellets simplement calcinés.

Nous avons du d’abord brûler cette tonne de pellets, avant de choisir des pellets de qualité (Badger), issus de résineux, certifiés à 5,2 kWh/kg, produisant un taux de cendre ridicule (une palette brûlée, soit 720 kg, ne rempli qu’un tiers du bac à cendre de la chaudière) et aucun raté
à l’allumage.

La quantité de chaleur produite avec ces « bons » pellets est supérieure, ce qui modifie complètement la donne.

Pendant les premiers mois passés dans notre maison, le système d’appoint de chaleur via la VMC a été plus sollicité, uniquement pour amener
la température intérieure à un niveau confortable, et parallèlement, pour sécher le bâtiment, avec, en plus, jusque fin janvier 2008,
deux radiateurs électriques en fonctionnement.

Enfin, il y a eu aussi mes différentes tentatives d’optimisation du système afin de déterminer les meilleurs réglages des régulations,
températures de chaudière et autres.

Cette période de consommation n’est donc pas représentative d’une utilisation courante.
Dès lors, vous pouvez comprendre que le poids de pellets brûlés en 2008 ne suffit pas à lui seul à déterminer la performance énergétique
de notre maison passive.

Discussion.

Avec cette comptabilisation du poids de pellets brûlés, tout ce que je peux dire avec certitude pour l’année 2008, c’est que du 1er janvier
au 31 décembre, nous avons brûlé en tout 1.770 kg de pellets pour un coût de 425 € TTC.
Plus environ 75 kWh électriques en janvier et 34 kWh pour le radiateur de la salle-de-bain sur 2008.

Sur base de nombreuses observations empiriques, j’ai pu établir un modèle mathématique me permettant d’estimer qui produit quoi et
qui consomme quoi. En recoupant ces résultats avec les données techniques des différents appareillages, je me suis crée un tableur Excel croisé qui me fourni une estimation des consommations thermiques obtenues avec les pellets en 2008.

N’ayant pas les appareillages sophistiqués et coûteux permettant des mesures précises, afin de démêler cet imbroglio énergétique, j’ai du établir des hypothèses de travail que voici :
- Pour la consommation d’eau chaude sanitaire (ECS), je sais que celle-ci ne provient que de l’eau de ville. Je connais donc le volume moyen
  journalier (voir le billet sur la consommation d’eau). L’observation répétée de la consommation de cette eau avec le compteur d’eau m’a permis
  d’estimer la quantité d’ECS soutiré en moyenne quotidiennement à 100 litres. Je sais aussi que l’ECS est délivrée à 39°C par le ballon. Je peux
  donc déterminer combien de kWh sont soutirés en moyenne journellement pour la fourniture d’ECS. Cette consommation est représentée par
  la droite bleue dans le graphique. Les fluctuations à la baisse de cette droite sont dues aux apports solaires.
- Concernant ces apports solaires, je les ai omis du graphique. Pourquoi ? Parce qu’une calorie n’est pas identifiable et donc qu’on ne sait pas
  qui l’utilise. Ce qui ne change rien aux besoins de l’ECS, ni aux appoints de chauffage, ni aux pertes par l’isolation du ballon.
  Tout ce qu’une calorie solaire peut apporter, c’est une diminution de la consommation de pellets. Elle ne change rien à l’utilisation qui en est faite.
  Cette hypothèse me permet de zapper le problème des apports solaires puisque je cherche juste à déterminer les apports net en chauffage.
- Pour déterminer les pertes dues au rendement de l’installation, j’ai procédé à des relevés empiriques en observant les températures dans
  le ballon, le temps de fonctionnement de la chaudière, la consommation horaire de celle-ci en terme de pellets, la durée de la recharge thermique
  du ballon. Tous ces paramètres m’ont permis d’estimer ce qui est produit, et ce qui est réellement engrangé dans le ballon d’hydro accumulation.
- Pour les trois quarts de l’année, j’ai tenu compte d’une perte thermique quotidienne du ballon d’hydro accumulation de 4°C, valeur indiquée
  par le fabricant. Mais pour le dernier trimestre, une fuite d’eau chaude s’étant produite sous le matelas d’isolation, la perte du ballon est passée
  progressivement de 4°C à 19°C par jour. Voyez sur cette photo, la fuite et la conduite d'eau galvanisée qui est rongée par l'eau ferrugineuse.
- Enfin, pour les appoints de chaleur sur l’air neuf entrant de la VMC, c’est l’observation de la durée de ces apports, de la température moyenne
  de l’eau dans le circuit, et de la courbe de puissance définie par le fabricant qui m’a permis de calculer la quantité de chaleur soustraite du ballon.

Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre d’heures passées pour effectuer tous ces relevés.
Mais ce n’était pas en pure perte, puisque cela m’a permis d’affiner les réglages et de détecter une fuite marquée d’eau chaude sous le matelas d’isolation du ballon d’hydro accumulation.

Voici le graphique issu de ce tableur Excel. (Cliquez dessus pour l'agrandir.)

Que peut-on déduire de ce graphique ?
- L’écart de rendement (l’écart entre la ligne noire et la ligne verte) dans la partie gauche du graphique est du aux pertes de la chaudière,
  aux pertes du circuit et du ballon, à l’utilisation de pellets de moins bonne qualité et au fait que le fonctionnement de la chaudière,
  commandé par la régulation du ballon d’hydro accumulation, n’était pas adéquat au départ. Grâce à toutes mes observations, j’ai modifié
  les paramétrages, ce qui a permis de passer en moyenne de dix à trois allumages quotidiens de la chaudière avec pratiquement plus aucune
  interruption du cycle de chauffe ;
- L’écart de rendement dans la partie droite du graphique est du aux mêmes causes, bien que la chaudière soit mieux paramétrée, et que
  nous brûlons des pellets de meilleure qualité, mais la fuite d’eau chaude du ballon d’hydro accumulation a aggravé la diminution du rendement
  global annulant les effets du meilleur réglage de la chaudière et la plus grande puissance calorifique des pellets ;
- On voit bien que depuis début octobre 2008, le recours aux appoints de chauffage connaît une courbe ascendante marquée, due à la
  dégradation rapide des conditions météorologiques ;
- On peut aussi constater qu’entre la fin avril et le début d’octobre, la chaudière n’a fonctionné que pour compenser les pertes d’isolation
  du ballon et les pertes de rendement, et très peu pour le soutien à l’ECS qui serait essentiellement chauffée par les panneaux solaires,
  puisque c’est une de mes hypothèses de travail expliquée ci-avant ;
- Il est remarquable aussi de constater qu’au printemps, avec le retour du soleil plus haut sur l’horizon et plus chaud, les gains solaires prennent
  une telle ampleur qu’en une semaine vous pouvez arrêter tout les appoints de chauffage. Alors qu’à l’automne, le soleil descendant sur l’horizon,
  avec de moins en moins de rayonnement oblige une montée en charge progressive des appoints de chauffage.

Je suppose aussi que vous auriez apprécié pouvoir constater où nous nous situons par rapport à la limite supérieure déterminée par le PHPP, à savoir les fameux 15 kWh/m².an.

Hélas, comparaison n’est pas toujours raison.

Le PHPP qui exprime un BESOIN NET en chauffage, en kWh, par m² et par an, est un résultat purement théorique, issu de calculs complexes basés sur les degrés-jour et l’ensoleillement moyens d’un point géographique donné (pour nous, le plus proche, c’est Saint-Hubert), avec un comportement « type » des habitants.

L’APPORT NET en chauffage, en kWh, par m² et par an, est par contre le résultat de la consommation réelle du bâtiment, qui fluctue évidemment suivant les conditions météorologiques de l’année observée à l’endroit où nous sommes situés et qui peuvent être bien différentes de Saint-Hubert, et j’ai pu le constater en faisant mes relevés de températures tout au long de l’année : nous sommes implanté sur le coteau exposé au Nord d’une vallée Ardennaise, et la température y est 2° à 3° plus basse que celle relevée à Saint-Hubert. De plus nous sommes à couvert des vents chauds du Sud, mais nous nous prenons en plein les vents froids du Nord. Toutes ces données ne sont pas prises en compte par le PHPP.

De surcroit, le confort en termes de température ambiante et de ventilation que souhaite l’occupant, bref son mode vie, ne répond pas non plus nécessairement au modèle type du PHPP. Ce qui va également influer sur la consommation réelle de chauffage.

Ainsi, comparer le besoin de chaleur net exprimé par le PHPP à l’apport de chaleur net en situation réelle d’une année revient à comparer des pommes et des poires qui sont tout deux des fruits. La comparaison s’arrête là. Néanmoins, pour l’exercice intellectuel, on peut tenter l’approche.

Afin de tenir compte de différents paramètres dont je n’ai pas les moyens de vérifier la véracité (ex. : le ballon perdait-il réellement 4°C par jour ; la courbe de puissance de l’aérotherme sur la VMC n’est elle pas surestimée par le fabricant ; les pellets Badger ont-ils réellement un pouvoir calorifique constant de 5,2 kWh/kg ; le rendement du poêle à pellets est-il réellement de 78,8% à puissance minimum, etc.), j’ai défini deux hypothèses de calcul, une haute et une basse, la réalité se trouvant probablement entre les deux.

Selon ces hypothèses de travail, l’APPORT NET en chauffage de notre habitation en 2008 devrait se situer entre 13,97 kWh/m².an
et 14,72 kWh/m².an, compte tenu des réserves décrites ci-avant.

Maintenant que le bâtiment est séché, que nous brûlons des pellets de qualité, que nous maîtrisons mieux les appareillages thermiques,
que la fuite d’eau du ballon est colmatée, et que l’installation du poêle à pellets nous permet d’avoir un meilleur rendement global, nous ne pourront qu’avoir une consommation moindre de pellets en 2009, mais pas nécessairement des apports nets en chauffage moindres, puisque là, c’est surtout les conditions météorologiques qui mènent la danse.

Bien, mais comment se distribue la chaleur brute produite par la combustion des pellets en 2008 ? Voici un petit tableau qui détaille tout ça :

Que nous apprends ce tableau ?
- Qu’environ 50% de l’énergie produite par la combustion est perdue, via la température des fumées, par les cycles d’allumage et d’extinction
  des appareils de combustion, par les pertes d’isolation en ligne des circuits de chauffe : c’est quand même beaucoup…
- Que les pertes d’isolation du ballon d’hydro accumulation représentent environ 14% de la chaleur produite, d’où l’intérêt de trouver sur
  le marché des ballons hyper isolés si ça existe et de vérifier souvent si une fuite d’eau invisible à l’œil nu n’aggrave pas la situation ;
- Que la quantité de chaleur utile accumulée dans le ballon ne représente qu’environ 37% de la chaleur brute produite par ce qui a été brûlé,
  ce qui est peu, mais serait normal pour ce type de système à combustion, fossile ou autres avec ballon d’hydro accumulation ;
- Qu’en moyenne 9% de la chaleur brute produite est utilisée pour les besoins en ECS. Une question se pose ici : vaut-il mieux utiliser
  une chaudière à combustion ou une résistance électrique pour fournir les appoints à l’ECS ?
  Le coût des 776 kWh moyens produits avec la chaudière à pellets revient donc à 9% de 425 € = 38 €. 776 kWh électriques reviennent
  en moyenne à 776 kWh X 0,16 € = 124 €. Même avec un rendement apparent si faible, le choix de la chaudière à pellets est sans appel !
- Enfin, on peut constater qu’environ 28% de la chaleur brute produite sert aux appoints de chauffage. C’est bien moins que l’utilisation
  du poêle à pellets seul, qui en production, à puissance minimum, à un rendement annoncé de 78,8% pour le nôtre.
  Mais il faut aussi tenir compte des pellets brûlés à l’allumage qui ne produisent rien. Je pense qu’un rendement global de 75% serait plus réaliste.
  La logique voudrait dès lors que les appoints de chauffage ne se fassent qu’avec le poêle à pellets. Mais dans ce cas, si la chaudière ne fournit
  plus que l’appoint à l’ECS, sa part dans la chaleur utilisée va monter à environ 37% de l’énergie brute produite. D’un autre côté, il ne faudra pas
  brûler autant de pellets, puisqu’il n’y aura plus d’appoint de chauffage. Désolé, je réfléchi tout haut en rédigeant ce texte… 
 Je me rends compte à l’instant qu’il serait peut-être plus économique de n’utiliser la chaudière à pellets que pour l’eau chaude sanitaire, et le
  poêle à pellets que pour les appoints de chaleur. Je mène l’expérience depuis le 23 février, et je vous tiendrai au courant de mes observations.

En conclusion.

Bien qu’intéressants à connaître, ces chiffres en kWh/m².an ne sont pas pour moi une obsession, car vous l’aurez compris, ils dépendent
de paramètres (météo, localisation, style de vie, confort désiré…) qui ne sont pas statiques et formatés.
Ce qui compte, c’est que nous sommes très satisfaits de notre choix d’avoir construit et de vivre dans notre Maison Passive.

Personnellement, j’ai juste quelques petites réserves :
- la production solaire, surtout en hiver, qui ne rencontre pas les promesses des publicitaires ;
- le rendement global du couple chaudière à pellets-ballon d’hydro accumulation, trop faible à mon sens, mais qui, selon un internaute
  qui m’a répondu sur cette question issue d’un billet précédent, est tout-à-fait normal, quelque soit le type de chaudière à combustible ;
- le facteur humain, qui ne dépend pas de la maison évidemment, mais qui influe sur les consommations : allez faire comprendre à Alicia,
  une ado de 14 ans, qu’il ne sert à rien de rester 20 minutes sous la douche à 39°C, qu’il faut retirer les chargeurs des prises quand on ne les
  utilise pas, qu’il faut éteindre les lampes quand on quitte une pièce, qu’il faut éteindre les appareils au lieu de les laisser en mode veille, etc.
  et à Carole, mon épouse, qu’on ne discute pas avec les gens dans le hall d’entrée pendant 10 minutes avec la porte ouverte et que si il y a
  deux portes au sas de la cave, c’est pour les fermer jusqu’au « clac » de la serrure qui garanti l‘étanchéité à l’air du sas.
  Vivre dans une maison passive demande une certaine discipline…

Quoi qu’il en soit, en 2008 :
- nos coûts de chauffage ont déjà été divisé par 7 par rapport à la maison que nous louions avant, et c’était le but, faire des économies ;
- notre meilleure maîtrise des appareillages nous permet d’espérer une division par 8, voire 9 si l’hiver prochain se montre plus clément,
  bien que ce soit mal parti avec celui-ci, et si je n’ai plus de fuite d’eau chaude au ballon d’hydro accumulation (j’ai déjà tout remplacé) ;
- nous avons tout le confort que nous voulions ;
- nous avons en permanence une température ambiante en hiver de 20-21°C ;
- nous avons une température ambiante de 23-25°C au plus chaud de l’été ;
- nous avons un air sain en permanence ;
- nous sommes étanches aux bruits extérieurs ;
- nous n’avons pratiquement rien changé à nos habitudes de vie.

Que vouloir de plus ?

De la Consommation de Electrique...

Voici le graphique de notre consommation électrique totale pour l’année 2008 (cliquez dessus pour l'agrandir).

J’ai hésité sur le type de graphique le plus adéquat, et je pense qu’une présentation en Aires Empilées des postes de consommation est la plus parlante, parce que visuellement, elle montre bien la part de chaque poste de consommation dans la consommation totale.

Comment lire ce graphique ?

Chaque poste de consommation est représenté par une aire de couleur différente : le vert pour les circulateurs (pompes à eau), le rouge pour la chaudière à pellets et le poêle à pellets, le bleu pour la VMC et le jaune pour le ménage. L’empilage de ces aires donne la consommation cumulée hebdomadaire de ces quatre postes à chaque date donnée. Il ne s’agit donc pas d’une représentation en 3D.
Ainsi, pour lire la consommation de la plage rouge de la semaine du 31/12/2007, il faut faire la différence entre le point haut de la plage rouge et son point bas, soit 18,7-4,3=14,4 kW. Pour vous faciliter cette lecture par poste de consommation, je présente plus bas un graphique
non-cumulé qui vous évitera de faire des calculs fastidieux.

Avant d’analyser les différentes aires, une explication s’impose sur les quatre traits verticaux, de gauche à droite :
- le premier marque la fin de l’utilisation des chauffages électriques d’appoint. En fait, nous sommes entrés dans notre maison passive fin octobre
  2007. Il y régnait une température de 14°C. Nous avons donc activé deux chauffages électriques complémentaires à l’appoint sur la VMC, pour
  faire monter cette température intérieure à un niveau plus confortable. Etant en plein hiver, dans une maison pas encore sèche, ce n’est que le
  21 janvier 2008 que nous avons pu nous passer de ces chauffages électriques et « vivre » uniquement sur l’appoint VMC. En janvier, la
  consommation électrique du poste Ménage est donc excessive par rapport à une situation normale à cause de ces chauffages électriques qui
  n’ont servi que pour la mise à température de notre maison lors de notre emménagement.
- Le second indique l’arrêt du système d’appoint thermique sur la VMC via le registre hydraulique et le ballon d’hydro accumulation alimenté par
  la chaudière à pellets. Cela signifie qu’à partir du 21 avril 2008, plus aucun appoint de chaleur n’a été activé, jusqu’au trait suivant.
- Le troisième trait indique la date de remise en route progressive de l’appoint de chaleur sur la VMC. Nous sommes donc restés en autonomie
  totale du 21 avril au 6 octobre 2008. C’est moins que ce que nous espérions, mais vu les conditions météorologique de fin de la saison estivale,
  c’était difficile de faire mieux sans sacrifier notre confort.
- Enfin le quatrième trait indique la date de mise en route, le 1er décembre, du poêle à pellets dans le salon/salle-à-manger. Nous l’avons indiqué
  parce qu’il est intéressant de constater qu’à partir de cette date, bien que les conditions météorologiques se soient dégradées encore plus fort,
  notre consommation électrique à baissé avec le couple poêle/VMC par rapport à l’appoint sur la VMC seul.

Quelques remarques maintenant sur les aires elles-mêmes :
- L’aire verte montre la consommation des différents circulateurs de notre installation, tant la solaire que celle du triplet ballon d’hydro
  accumulation/registre hydraulique/chaudière. On voit bien une consommation marquée jusqu’à l’arrêt de l’appoint VMC, du fait de la mise à
  température et du séchage du bâtiment. A partir de cette date, la consommation est surtout celle de l’installation solaire. Puis, avec la remise en
  route progressive de l’appoint sur la VMC, on voit que la consommation remonte lentement, jusqu’à la mise en place du poêle à pellets qui nous a
  permis de diminuer les plages d’utilisation de l’appoint thermique sur la VMC.
- L’air rouge représente la consommation de la chaudière à pellets, puis à partir du 1er décembre du couple chaudière/poêle à pellets. Cette aire
  s’effondre logiquement lors de l’arrêt du recourt à l’appoint sur la VMC. La faible consommation de la bonne saison représente uniquement les
  soutiens à l’eau chaude sanitaire quand le soleil ne suffisait pas à remplir le ballon d’hydro accumulation. A partir d’octobre, cette aire reprend de
  l’ampleur au fur et à mesure de l’activation de l’appoint sur la VMC. A partir du 1er décembre, on constate que l’aire diminue d’amplitude, malgré
  la mise en route du poêle à pellets. Cela confirme donc que le couple chaudière/poêle à pellets consomme moins d’électricité que l’appoint seul
  sur la VMC (la chaudière est beaucoup moins sollicitée, ainsi que les circulateurs et la VMC).
- La plage bleue représente la consommation de la VMC seule. Et là, une grosse surprise apparaît nettement pendant l’été. Bien que la
  consommation électrique de la VMC soit relativement stable le restant de l’année, en été, elle explose littéralement. Cela est du au fait qu’en
  absence de protections solaires extérieures, pour garder une température confortable en été, nous sommes obligé de ventiler un volume d’air
  plus conséquent, extrait du puits Canadien, pour contrer la hausse de la température intérieure. Ce conditionnement d’air via le puits Canadien
  a donc un coût électrique qui n’est pas négligeable. Mais ce coût reste bien moindre à celui que représente l’installation de protections solaires
  externes.
- L’aire jaune montre quant à elle la consommation de notre ménage : les électroménagers (four électrique, plaque de cuisson vitrocéramique,
  four à micro-ondes, lave-vaisselle, machine-à-laver, sèche-linge, deux frigos et le petit électroménager), les éclairages, deux TV, deux
  magnétos, la chaîne stéréo, deux PC, des babioles et la pompe de la citerne d’eau de pluie.

Ces aires représentent donc l’amplitude de chacun des quatre postes de consommation électrique au fil des saisons, semaine après semaine.

Mais au final, sur une année, quelle part représente chaque poste dans la consommation électrique globale ?
Ci-dessous, un petit tableau nous présente ces chiffres : (il s'agit de kWh et pas de kW)

La partie supérieure du tableau montre que 62,10% de notre consommation électrique totale en 2008 a été réalisée en régime nuit, ce qui est un score très correct. En fait, la journée, la VMC tourne au minimum, et Carole s’arrange pour faire fonctionner l’électroménager gros consommateur la nuit ou le week-end, c'est-à-dire la machine à lessiver, le séchoir, le lave-vaisselle, ce qui explique en grande partie ce bon résultat.
La partie inférieure du tableau montre qui a consommé quoi dans le total en 2008.

Il est intéressant de constater que :
- La consommation des trois circulateurs de notre installation de chauffe ne représente que 2,7%. C’est très peu, et c’est bien comme ça !
- La consommation de la chaudière à pellets et du poêle à pellets (un mois) représente 7,71%. Ce n’est pas excessif, mais cette part devrait
  diminuer en 2009 avec le couple chaudière/poêle à pellets, qui consomme moins que la chaudière seule, comme expliqué.
- Ces deux postes étant essentiellement consacrés à la production de chaleur, solaire et pellets, tant pour l’eau chaude sanitaire que pour la
  chaleur ambiante, on remarquera que les deux cumulés représentent environ 1/10e de la consommation totale.
- La part de consommation de la VMC est de 18,18%. Bien que les moteurs de la VMC soient des moteurs à courant continu sensés consommer
  moins que des moteurs à courant alternatif, cette part n’est pas négligeable ! A l’avenir, avec la consommation des deux premiers postes qui
  devrait diminuer, et le fait que la consommation ménage est un peu trop élevée à cause du mois de janvier 2008, on peut estimer cette part
  future à près de 20% ! Ce n’est quand même pas rien 1/5e du total ! C’est le double de ce qu’il faut pour produire de la chaleur !
  Imaginez alors la consommation électrique que présenterait ce poste, s’il fallait respecter au pied de la lettre la norme NBN D50-001
  de ventilation des bâtiments.
  Pour bien comprendre cette problématique, sachez que la consommation électrique de notre VMC représente en fait un taux de ventilation
  moyen de 45% du volume obligé par cette norme et tel que déterminé dans notre demande de permis d’urbanisme.
  Or ce volume obligé est excessif dans notre maison passive. Pourquoi ? Parce que la qualité de l’air y est contrôlée 24h/24h par des sondes CO2
  et de taux d’humidité relative de l’air, qui nous garantissent en permanence un air sain partout dans l’habitation, la VMC adaptant
  automatiquement le volume d’air à pulser en fonction de la qualité de l’air mesurée. C’est autrement plus précis qu’une norme dépendant de la
  surface au sol des pièces (alors qu’il s’agit de volume d’air ???), de leur affectation, et du nombre d’occupants.
  De plus, pour pouvoir respecter cette norme, nous avons du acheter une VMC plus puissante, donc beaucoup plus chère, qui aurait consommé
  deux fois plus d’électricité si nous avions respecté à l’usage les volumes d’air imposés par la norme.
  Sans compter les pertes thermiques par ventilation qui auraient explosées…
  Pour rester objectif, je dois quand même reconnaître que ce surcroit de puissance est bien utile pour « dégager » rapidement les fumées et
  odeurs d’une fondue bourguignonne ou d’une pierrade. Ou même l’humidité rejetée par le sèche-linge directement dans la cuisine, ce qui permet
  d’en récupérer la chaleur via la VMC.
  Ou simplement quand nous recevons des invités, car immédiatement le taux de CO2 monte et le volume pulsé par la VMC également.
  Mais le même résultat pourrait être obtenu par une ventilation forcée (on ouvre les fenêtres pour créer un courant d’air), quoique en hiver,
  pour une maison passive, ce soit peut recommandable : on rejette de la chaleur inutilement avec l’air vicié.
- Enfin, la part de consommation du ménage est d’un peu plus de 3.000 kW, soit 71,41%.
  Dans notre habitation précédente, nous tournions en moyenne annuelle, entre 4.000 et 4.500 kW. Pourtant nos habitudes de vie n’ont pas
  changé. Mais nous avons placé des lampes « basse consommation » partout, et avec notre nouvelle cuisine, nous avons choisi de
  l’électroménager de classe énergétique A. C’est sans doute ça qui fait la différence.
- Un mot encore sur la consommation électrique de la pompe de notre citerne d’eau de pluie qui est incluse dans le poste ménage.
  Celle-ci est vraiment minime, environ 30 kW sur une année. L’équivalent d’une ampoule basse consommation de 12 W allumée 7 h/jour toute
  l’année. Et pourtant cette pompe alimente deux WC, la machine à laver, l’eau d’arrosage du jardin, et les robinets pour le nettoyage des sols.

Voilà, je pense vous avoir tout expliqué en matière de consommation électrique.

Peut-être vous présenter un autre graphique, non cumulé celui-là, mais lissé mathématiquement, pour lire plus facilement l’évolution de chacune des courbes de consommation des quatre postes, par semaine, au fil de l’année. On voit mieux, par exemple, la montée progressive de la chaudière avec le retour de la mauvaise saison. Ou l’augmentation de la consommation de la VMC en été pour pulser plus d’air afin de maintenir la température ambiante à un niveau confortable. On y voit bien les deux pics de consommation estivale quand je ventile à 100% : la consommation électrique est plus que doublée. Il y a juste une cinquième courbe, en noir, qui est le cumul des quatre autres.
La signification des quatre traits verticaux est la même que pour le graphique d’en haut.

Voilà, nous sommes pleinement satisfaits de ce résultat, parce que, encore une fois, nous n’avons jamais sacrifié notre confort du simple fait que nous habitons une maison passive.

D’autant que c’est la première année et que l’expérience acquise au cours de celle-ci nous a permis de mieux appréhender la gestion des différents appareillages, et que cela ne pourra ce traduire que par une diminution de notre consommation électrique en 2009, avec un confort encore supérieur (fini les températures élevées dans les chambres à l’étage grâce au poêle à pellets au rez).

De la Consommation d’Eau...

La consommation d’eau n’est étonnamment pas un poste qualifiant pour une Maison Passive.

Néanmoins, poursuivant notre but d’économie financière, nous avons mis à profit nos 220 m² de toitures pour récupérer l’eau de pluie dans une citerne enterrée en béton de 10.000 litres.

Tiens encore du béton me direz-vous, mais ici c’est une autre caractéristique intéressante de ce matériau qui a prévalu, en plus de sa résistance à l’écrasement, vu qu’elle est en terre.

Il faut savoir que l’eau de pluie est acide, acidité qu’elle acquière au contact de la pollution de l’air. C’est ici qu’intervient le calcaire contenu dans le béton, qui neutralise cette acidité par réaction chimique. L’eau de pluie est ainsi moins agressive pour nos installations sanitaires en aval :
deux WC, la machine à laver, l’eau d’arrosage du jardin, les robinets pour le nettoyage des sols, et surtout l’installation de chauffage, chaudière à pellets, ballon d’hydro accumulation et registre hydraulique de la VMC qui ne risquent pas de s’entartrer, ni de corroder.

Nous avons été raccordés à la distribution d’eau de ville le 5 septembre 2007, et le 28 avril 2008, nous avons mis en route la pompe de la citerne d’eau de pluie.

La lecture du compteur d’eau de distribution montre que jusqu’au 28 avril 2008 (236 jours), nous avons consommé 62,491 m³ d’eau,
soit 265 litres par jour.

Du 28 avril 2008 au 14 janvier 2009 (261 jours), une nouvelle lecture du compteur d’eau de distribution montre que nous avons consommé 29,054 m³ d’eau de ville, soit 111 litres par jour. Cette diminution est due à l’utilisation de l’eau de pluie que l’on peut estimer à 265-111=154 litres par jour, nos habitudes de consommation étant constantes.

Nous pouvons ainsi en déduire que l’eau de pluie représente 58% de notre consommation d’eau totale. C’est une belle économie, financière d’une part, l’eau de pluie étant gratuite, et pour la Nature, d’autre part, puisque c’est autant d’eau qui n’a pas été puisée dans les nappes souterraines.

La récupération de l’eau de pluie présente également d’autres avantages : elle diminue le flux d’eaux usées rejetées à l’égout, soulageant en cela les centrales d’épuration, et en cas d’averses violentes, la récupération agit comme un mini bassin d’orage, diminuant en cela le risque de débordement des égouts publics et les inondations qui peuvent en découler.

C’est donc aussi tout avantage pour la collectivité.

Enfin, la récupération des eaux de pluie renforce notre autonomie vis-à-vis de la distribution d’eau publique, nous mettant à l’abri des aléas consécutifs aux coupures de distribution d’eau  du réseau. Voyez ce qui c’est passé dans le Hainaut en ce début 2009, où de nombreuses ruptures de conduites se sont produites suite au dégel, laissant par endroit la population sans eau pendant plusieurs jours. Cette eau de pluie n’est pas potable, mais elle peut servir à tout le reste, même se laver occasionnellement tant qu’on ne l’avale pas. 

De plus...

- N'hésitez pas à regarder l'Album Photos pour voir comment, concrètement, nous avons mis en oeuvre nos idées.

- Vous pouvez aussi consulter la Documentation que nous avons réunie et qui nous a servi dans l'élaboration de notre projet.